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La Colombie, terre d’espoir face à la crise économique vénézuélienne

Jairo et sa famille ont quitté le Venezuela pour trouver refuge en Colombie, avec dans l'espoir d'une vie meilleure. Photo: Ordre de Malte Columbie

Jairo Epiayu a 38 ans. Né en Colombie, il est arrivé au Venezuela à l’âge de 8 ans. Il fait partie de la communauté Wayuu, plus grande communauté indigène de Colombie. Les Wayuu sont la plus grande communauté indigène de Colombie et vivent dans une région reculée du pays, la péninsule de la Guarija. C’est un environnement isolé et aride. Les conditions naturelles y sont difficiles et les habitants très pauvres. Ces dix dernières années, plus de 5 000 enfants Wayuu sont décédés à la suite de maladies, de malnutrition et de la soif.

Cumuler les emplois pour subvenir aux besoins de sa famille

Avant de devoir retourner en Colombie pour offrir un avenir à sa famille, Jairo vivait au Venezuela, à Santa Rita, dans la juridiction de Maracaibo, avec sa femme et leurs six enfants, âgés de 7 mois à 10 ans.  

Jairo travaillait quasiment sans interruption pour subvenir aux besoins de sa famille et pouvoir scolariser ses enfants. Le matin, il s’occupait d’un troupeau et l’après-midi, il partait pêcher jusqu’au lever du soleil. Il gagnait près de 600 bolivars (51 euros), ce qui lui permettait de vivre simplement, mais convenablement. Lorsque la crise économique a touché le Venezuela, tout a changé pour Jairo. Il ne gagnait plus que 9 bolivars (75 centimes d’euros), ce qui n’était pas suffisant pour vivre correctement.

Le Venezuela face à la pire crise économique de son histoire

Le Venezuela traverse une crise économique sans précédent, expliquée par la chute des cours du pétrole, que l’État n’avait pas anticipé et à laquelle il n’a pas su répondre. On estime que d’ici la fin 2018, l’inflation s’élèvera à 14,000 %, du jamais vu ! Le prix des achats alimentaires de base équivaut désormais à cinq fois le salaire minimum. Le pays connait également une pénurie de nourriture et de médicaments, étant donné que la plupart des produits sont importés. La plupart des produits de base sont épuisés. Cela nourrit le marché noir, où certains aliments sont revendus jusqu’à 40 fois leur prix officiel. Face à une situation invivable pour beaucoup de vénézuéliens, le nombre d’émeutes et de pillages a grimpé. Confrontés à la faim et à la violence, près d’un million de vénézuéliens ont traversé la frontière pour se rendre en Colombie depuis le début de la crise en 2014.

Retour en Colombie : difficultés financières persistantes

Comme beaucoup de Vénézueliens, face à une situation économique sans issue, Jairo prit la décision de rentrer en Colombie, dans la peninsule Guajira, et de rejoindre la grande famille de la communauté Wayuu. Jairo est travailleur et battant, mais il se confronte à un obstacle de taille : la ville où il réside, Juan y Medio, est un des fiefs de la communauté Wayuu et on n’y trouve aucun travail.
Malgré les difficultés, la Colombie marque un nouveau départ et un nouvel espoir pour Jairo et sa femme, Simona, avec la naissance, il y a 7 mois, d’un nouvel enfant né dans de bonnes conditions et sans complications.

Grace à la solidarité des Wayuu, sa famille est hébergée gratuitement chez différents membres de la communauté. Il ne reçoit néanmoins pas d’aide en ce qui concerne la nourriture. Lorsqu’il arrive à trouver un emploi, il gagne à peine 20,000 pesos (6 euros), ce qui permet tout juste de nourrir ses enfants.

Jairo et sa famille sont retournés vivre en Colombie et ont été accueillis au sein de la communaute Wayuu. Photo : Ordre de Malte Colombie
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