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Un survivant Rohingya témoigne : '' Si on ne m'avait pas laissé pour mort, je n'aurais pas survécu ''

Yasin, un Rohingya du Myanmar, a été blessé par balle alors qu'il tentait d'échapper aux attaques contre sa communauté.
Photo : © Malteser International/Noor Ahmed Gelal

''Si on ne m’avait pas laissé pour mort, je n’aurais pas survécu’’

Yasin Sadak’s* souffre toujours de ses blessures par balle à l’avant-bras et aux mains. Ces blessures sont le rappel d’une terrible expérience, dont le souvenir le hantera encore longtemps. Il n’oubliera jamais cette funeste nuit d’août 2017, pendant laquelle il a été blessé par balle en tentant de fuir les hommes armés qui avaient attaqué son village situé dans l’ouest du Myanmar.

Yasin fait partie du groupe ethnique Rohingya, une communauté musulmane qui vit dans l’État de Rakhine, au Myanmar, depuis des générations. Depuis des années, les Rohingya sont la cible de discriminations et de violences. Malgré cela, Yasin reste attaché à son pays : ''Je suis un citoyen du Myanmar. Pourquoi partirais-je ?'' a déclaré Yasin.

Et pourtant, quand les querelles se sont transformées en violent conflit en 2017, il n’eut plus d’autre choix : il devait s’enfuir. ‘’Dix-neuf personnes ont été exécutées sous mes yeux’’ raconte Yasin. ‘’Je suis moi-même tombé au sol, inconscient. C’est ce qui m’a sauvé. Les attaquants pensaient que j’étais mort, comme tous ceux autour de moi’’. Le matin suivant, cinq hommes ont retrouvé Yasin, en vie, et l’ont emmené à l’hôpital Chittagong Medical College Hospital qui se trouve au Bangladesh, dans le pays voisin. Il y est resté pendant trois mois, le temps d’être traité pour ses blessures. Une fois guéri, Yasin a eu le bonheur de pouvoir être réuni avec sa famille au Bangladesh.

La vie de réfugié à Kutupalong : un camp surpeuplé, des conditions de vie misérables

Yasin et sa famille vivent aujourd’hui dans trois huttes, dans le grand camp de Kutupalong, situé dans le district de Cox’s Bazar. Les maisons de fortunes, faites de bambou et de bâches sont construites sur des petites collines de sable et d’argile, sans fondation solide. Les pluies torrentielles caractéristiques de la saison des pluies (mousson) font des ravages sur le camp. De nombreux refuges ont été détruits et certaines personnes y ont perdu la vie. Des milliers de réfugiés restent menacés par des risques d’inondation et de glissements de terrain. De plus, les conditions d’hygiène sont très mauvaises dans la majorité du camp. Le risque d’épidémie est particulièrement élevé en période de saison des pluies. Enfin, l’accès à l’eau potable et à la nourriture reste insuffisant.

Comme beaucoup de réfugiés venus de Myanmar, quand il est arrivé au Bangladesh, Yasin était en mauvaise santé et souffrait de stress post-traumatique dû aux horribles expériences vécues dans son pays. Malteser International offre un soutien psychosocial aux réfugiés vivant dans le camp. Selon Cordula Wasser, Responsable des programmes pour l’Asie chez Malteser International, ‘’ nous gérons, en coopération avec une organisation partenaire locale,  deux centres de santé qui viennent en aide à près de 20 000 réfugiés ’’. Elle a aussi déclaré : ‘’nous offrons des soins de santé de base, ainsi que des soins de maternité’’.

'' Pour ce qui est de l’accès à la nourriture, nous nous concentrons sur les personnes les plus vulnérables du camp ’’ a déclaré Cordula Wasser. '' Nous ciblons les femmes enceintes, les mères allaitantes et les enfants sous-alimentés, afin de leur fournir une alimentation complémentaire. Le camp accueille plus de 800 000 réfugiés et nous avons encore besoin d’aide pour pouvoir redonner de l’espoir et de la confiance en l’avenir aux déplacés Rohingya ’’.

Malteser International : nous venons en aide à plus de 20 000 réfugiés dans le camp de Kutupalong

 

 

Après l’exil, les Rohingya peuvent-ils espérer rentrer un jour chez eux ?

Yasin rêve de pouvoir retourner dans sa patrie, au Myanmar. Il y pense tous les jours, même si le pays ne le reconnait pas comme un citoyen. En effet, les Rohingya sont un groupe ethnique apatride. Ils ne sont pas autorisés à voter au Myanmar, se voient refuser l’accès à l’enseignement secondaire et ne jouissent pas de la liberté de circulation. De nombreux villages et camps Rohingya sont considérés comme illégaux au Myanmar et peuvent être saisis ou détruits sans préavis.

Au vu de la situation actuelle, il est peu probable que Yasin et les autres réfugiés Rohingya quittent bientôt le camp. Les Rohingya ont déclaré qu’ils seraient prêts à retourner au Myanmar si on leur garantissait une sécurité et une protection. Ils demandent également à être reconnus comme un des groupes ethniques du Myanmar, à bénéficier de la citoyenneté et de l’indemnisation ou de la restitution des terres et des biens confisqués ou détruits. Cependant, rien ne laisse aujourd’hui penser que cela se produira dans un avenir proche.


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*le nom a été modifié pour des raisons de confidentialité

 

 

Yasin Sadak* raconte son histoire (sous-titres en anglais)

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